Sculptures

« TOUCHÉS » « PERCHÉS » « GLORIEUX(SES) »

De la même manière que je guettais autrefois les bois flottés et autres trésors rejetés par la mer et que j’assemblais mentalement les pièces entre elles avant de les cueillir dans une ville

un jour je suis tombée sur l’intérieur d’un piano tristement échoué sur un trottoir et j’ai vu là aussi des « touchés » des « perchés » des « glorieux(ses) » qui ne demandaient qu’à sortir pour vivre une vie nouvelle

les choses sont nées comme ça s’imposant à moi je les ai laissées venir       Valérie Jung

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Valérie Jung est scénographe depuis 25 ans et travaille principalement pour le théâtre, l’opéra et la danse, en France, mais aussi en Belgique où elle a fait ses études à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels de la Cambre.

Parallèlement à ce travail, elle a participé à de nombreuses créations dans des univers qui la passionnent et dont elle est proche : l’art contemporain, le land art, les jardins, les manifestations hors bâtiments, hors gabarit(s).

Depuis quelques temps, elle développe l’idée de la transmission, de la sensibilisation des enfants et des adolescents. Un axe de travail qui prend de plus en plus d’importance dans son parcours professionnel. Elle cherche à conjuguer pratiques des arts plastiques et langage, collaborant depuis plusieurs années déjà autour de ces questions avec Le Théâtre des affinités et Amélie Blottière, sa directrice artistique.

Depuis longtemps elle crée un « petit monde » de personnages issus de pièces de bois de pianos démontés, en lisière de ses occupations. Ce petit monde commence à se montrer dans différents lieux, en petits bataillons, en « volière », sur de petits gradins, s’adaptant aux espaces proposés.

 

 

 

 

 

 

 

 

En les voyant, serrés en rangs ordonnés, là, sur le toit de l’armoire, avec le regard ébahi ou goguenard, parfois éberlué, je pense à une bien aimable petite armée, fantaisiste et débonnaire, une douce petite armée, celle des gardiens du quotidien, dois-je dire gardiens, dois-je dire sentinelles, gardiens ou sentinelles, ils ou elles sont affables,

que leur posture soit régalienne ou plébéienne, toujours astucieuse, faite de noires et de blanches, de marteaux encore tout vibrants de Chopin, affables, ils ou elles sont affables, modestes, casqués ou chapeautés, avec parfois un bec ou un long nez. Petite armée des simples et des gentils, mémoire benoîte de nos vieux arpèges et des coins de salon où sommeiller à l’automne mordoré avant le long hiver qui sera le berceau de nos printemps encore à vivre.

Gardiens, sentinelles, compagnons humbles et tenaces.

Martine Wijckaert